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Compagnie associĂ©e Acte II. DĂ©jĂ  !

Le Théâtre du Miroir entame sa seconde année de résidence à l’Archipel. Le temps file, mais les projets réalisés sont bien réels. Quant à ceux à venir, nous les désirons tout aussi inventifs, piquants, drôles, forts, touchants, interrogateurs et passionnants. Sans oublier : rassembleurs.

Après avoir travaillé sur de gros chantiers de création tels Lysistrata et Une laborieuse entreprise, nous souhaitons cette année construire des rendez-vous de théâtre plus atypiques, aux formes variables. Être plus présent pour des rendez-vous plus fréquents. Après Une laborieuse entreprise (que nous reprendrons en novembre), nous vous proposerons en décembre une soirée qui vous concerne particulièrement : Et le bonheur dans tout ça ? . C’est une invitation à écrire. A nous écrire sur vos bonheurs. A nous livrer la matière première d’une soirée autour du bonheur. C’est aussi une manière de construire un peu de cet Archipel avec vous. De faire entendre des instantanés de vie à partager sans modération...

Puis il y aura des petites veillées funèbres entre amis. Un rendez-vous par petits groupes pour veiller un ami défunt. Macabre ? Oh que non. Car ces amis-là ne se gêneront pas pour vous dire tout ce qu’ils n’ont pas osé vous dire lorsque vous étiez encore vivant ! Etranges amis en vérité, pour une drôle de veillée.

Nous entamerons aussi la première tranche d’un travail à vue, un chantier théâtre en compagnie d’une Le Théâtre du Miroir, compagnie associée Acte II. Déjà ! ourse. Cette ourse qui, depuis la nuit des temps, scintille au-dessus de nos têtes. Cet ours, cet autre frère de l’homme depuis le néolithique. L’histoire d’une vieille femme et d’une ourse. Nous vous ouvrirons les portes de ce spectacle en création pour vous donner à voir, étape par étape, le processus de fabrication d’un spectacle de A à Z, pour partager avec vous nos montagnes de doutes et nous l’espérons un peu du théâtre que nous aimons et cherchons à inventer spectacle après spectacle.

Deux stages seront enfin proposés cette saison, l’un en direction des comédiens amateurs (le Diable) l’autre en direction des comédiens professionnels (le mélodrame).
Et toutes ces propositions concernent tout le monde et sont ouvertes à tous. Car le théâtre, sans doute est-il nécessaire de le rappeler, s’adresse à tout le monde. Mais tout le monde n’ose pas pousser la porte d’une salle de spectacle. C’est difficile ou plutôt, ce n’est pas toujours simple. Ca peut être intimidant. Parfois, il faut des passeurs comme pour rejoindre l’autre rive d’un fleuve. Pour nous, être associé à un théâtre comme l’Archipel, c’est justement devenir passeur. Les créations du Théâtre du Miroir ne sont réservées ni à une élite, ni à des spécialistes, ni aux seuls adultes, ou aux seuls enfants. Nous n’aimons pas la consanguinité et nous pensons que le métissage des publics est la plus belle chance donnée aux spectacles pour qu’ils vivent longtemps. Nous ne créons pas des spectacles pour qu’ils soient vus et appréciés par des « connaisseurs ».

Nous créons des spectacles pour partager avec le plus grand nombre des histoires qui nous touchent, qui nous parlent, nous bouleversent, nous font rire et nous aident à mieux vivre. Pour passer d’un petit cercle de connaisseurs à un grand cercle de vivants. De bons vivants. Alors vous voyez cette petite lumière là-bas ? Au théâtre, on appelle ça une servante. Elle reste allumée la nuit sur le plateau quand tout le monde est parti. C’est l’âme du théâtre. Elle est là à la fois pour servir le lieu mais aussi pour rappeler qu’après une représentation, il y a quelque chose de vivant qui demeure. Si par hasard votre curiosité vous conduisait pour la première fois vers l’Archipel cette saison, n’hésitez pas une seconde, entrez ! Vous découvrirez que le théâtre, c’est quelque chose de vivant qui demeure. Longtemps et pour de vrai.
 
Yann Denécé
Comédien et metteur en scène du Théâtre du Miroir.